Pascal hocha faiblement la tête, mais à l’intérieur il se désagrégeait. Sa femme était morte quelques semaines après la naissance de Lily, le laissant jongler entre un nouveau-né et un empire. Ce soir-là, seul dans le ciel, le masque du contrôle s’effritait.
Puis, depuis l’allée de la classe économique, une voix s’éleva.
« Excusez-moi, monsieur… Je crois que je peux aider. »
Pascal se retourna. Un adolescent noir, mince, pas plus de seize ans, se tenait là, serrant un sac à dos usé. Ses vêtements étaient propres mais simples, ses baskets effilochées. Ses yeux sombres, malgré la timidité, dégageaient une étrange assurance.
La cabine bruissa — que pouvait bien faire ce garçon ?
Pascal, à bout, demanda d’une voix rauque : « Et toi, qui es-tu ? »
Le garçon s’éclaircit la gorge. « Je m’appelle Leo Vance. J’ai… j’ai aidé à élever ma petite sœur. Je sais comment l’apaiser. Si vous me laissez essayer. »
Pascal hésita. L’instinct du milliardaire hurlait : contrôle, protège, ne fais confiance à personne. Mais les pleurs de Lily le transperçaient comme des couteaux. Lentement, il acquiesça.