La vie de Daniel devint un cycle de réunions d’affaires et de visites à l’hôpital, d’optimisme et de chagrin. La nuit, il restait souvent dans l’embrasure de la porte de la chambre d’Elara, à la regarder fixer les oiseaux au-delà du balcon. Elle aimait le bruit de la pluie, mais n’avait jamais sauté dans les flaques. Elle aimait les fleurs, mais n’avait jamais couru après les papillons. Son monde se limitait aux contours de son fauteuil, et le cœur de Daniel souffrait d’impuissance.
Puis, un matin de pluie, une nouvelle nounou arriva. Elle s’appelait Maya Carter. Daniel s’attendait à une femme plus âgée, stricte et expérimentée. À la place, une jeune femme entra chez lui, tresse lâche, sourire chaleureux, pull aux poignets élimés. Ni la grandeur du manoir ni la présence intimidante de Daniel ne la firent broncher. Elle s’agenouilla auprès d’Elara et la salua d’une voix si douce qu’elle ressemblait à une berceuse.